Introduction fonctionnelle et technique à l’interbancarité

Carte bancaire - Introduction fonctionnelle et technique à l’interbancarité

[CAPFI Technology] Introduction fonctionnelle et technique à l’interbancarité par Olivier MORIN

Quelques définitions :

Monnaie : La monnaie est définie par Aristote par trois fonctions: unité de compte, réserve de valeur et intermédiaire des échanges. Avec, entre autres, la suppression de toute référence à des matières précieuses puis la dématérialisation progressive des supports monétaires, les aspects légaux de l'usage de la monnaie — et notamment les droits juridiques qui sont attachés au cours légal et au pouvoir libératoire —, sont plus apparents. Ces droits sont fixés par l’État et font de la monnaie une institution constitutionnelle.

Moyens de paiement : Les moyens de paiement permettent d'utiliser la monnaie qu'on détient en compte de dépôt ou en espèces pour régler ses dépenses et dettes. Les systèmes interbancaires permettent l'échange et, éventuellement, la compensation.

Monétique : La monétique désigne l'ensemble des traitements électroniques, informatiques et télématiques nécessaires à la gestion de cartes bancaires ainsi que des transactions associées.

Carte Bleue : Il s’agit d’une marque appartenant au GIE Carte Bleue, fondé en 1971 par 6 banques (BNP, CCF, Crédit du Nord, CIC, Crédit Lyonnais et Société Générale) s’associant autour de la première carte de paiement lancée en France en 1967. Le terme “Carte Bleue” est resté et s’est imposé comme un nom populaire (un onomastisme au même titre que le frigo, le scotch ou la gopro). Aujourd’hui, Carte Bleue n’existe plus car la société SAS Carte Bleue gérant la marque a été rachetée à 100% en 2010 par Visa Europe, créant ainsi Visa Europe France.

CB : C’est en 1984, que le GIE Cartes Bancaires est créé par l’ensemble des banques françaises, celles liées à Visa (du GIE Carte Bleue) et celles liées à Mastercard ( Crédit Agricole et Crédit Mutuel) avec pour objectif l’interbancarité. CB ne signifie ni “Carte Bleue”, ni “carte bancaire” mais “Cartes Bancaires”, c’est à dire toutes les cartes rattachées au réseau CB (qu’elles soient Visa ou Mastercard). Il existait d’ailleurs, il y a encore quelques années des cartes nationales, non rattachées à un réseau international. Ainsi, la Carte Bleue est une CB mais la réciproque n’est pas toujours vraie : une CB n’est pas forcément une Visa (ce qu’est une Carte Bleue).

Carte Bleue Logo

 

Qu’est ce que l’interbancarité ? Tout d’abord un peu d’histoire

Avant même la monétique, la monnaie

Avant d’expliquer plus en détail la monétique, faisons un retour en arrière sur les débuts de la monnaie.

La monnaie telle que nous la connaissons aujourd’hui, c’est-à-dire sous forme de pièces, a vu le jour au 7ème siècle avant J-C. C’est réellement à la fin du Moyen-âge qu’elle s’est répandue dans le monde.

Concernant le billet, c’est Napoléon avec la création de la Banque de France, qui a favorisé son utilisation. Au début du 19ème siècle l’usage de monnaie et de billets est généralisé dans la plupart des pays développés.

C’est au 20ème siècle que le mot monétique a fait son apparition, contraction des mots monnaie et électronique. La monétique regroupe l’ensemble des traitements électroniques, informatiques et télématiques nécessaires pour l’utilisation de la carte bancaire.

La première carte de paiement fait son apparition aux Etats-Unis en 1950, avant d’arriver en Europe  dans les années 60 et en France en 1967.

Afin de démocratiser l’usage des cartes bancaires auprès des commerçants et des ménages, des outils ont vu le jour : les lecteurs de carte à puce pour permettre aux commerçants d’enregistrer les transactions faites par carte ou encore la création de carte bancaire «générique» permettant le paiement dans tous les commerces (les débuts de l’interbancarité).

 

En 1967, 6 banques : la BNP, le CCF, le Crédit du Nord, la CIC, le Crédit lyonnais et la Société générale, s'associent pour créer la première carte de paiement en France : la carte bleue.

Mais il faudra attendre 1971, pour que soit créé un groupement d'intérêt économique : le Groupement Carte Bleue.

Puis l'année d'après, le groupement s'associe avec la société américaine Bank Americard, qui deviendra VISA.

 

En 1974, les licenciés internationaux de la Bank of America fondent une entreprise internationale, IBANCO, pour administrer BankAmeriCard, Inc. à l’extérieur des États-Unis.

L’appellation VISA voit le jour quand la société IBANCO devient VISA International en 1976, le groupement se voit ainsi associé au moyen de paiement par carte le plus utilisé au monde.

 

Ce n'est que 10 ans plus tard, en 1984, que le Crédit mutuel et le Crédit agricole s’associent aux 6 banques précédentes, pour créer le Groupement des Cartes Bancaires CB. Cette interbancarité, permet à la Carte Bancaire d'être acceptée en France chez tous les commerçants et dans tous les distributeurs.

 

Enfin, en 1986, l'introduction de la carte à puce, permet à la France de jouer un rôle de pionnier mondial et de renforcer la sécurité des cartes.

 

En France, elle donc est portée et promue par le Groupement des cartes bancaires CB, GIE qui regroupe aujourd’hui environ 130 établissements prestataires de services de paiement.

Ses mission sont les suivantes :

  • la gouvernance du système CB (collège de 130 membres représentatifs des établissements bancaires)
  • sa sécurité
  • sa promotion ainsi que le développement des produits et services
  • l’innovation en matière de monétique (dans le respect des règles législatives et réglementaires.

 

Le système CB: interbancarité et universalité

En France, plus du tiers du commerce est affilié au système CB, et représente en 2014 un volume d’affaires de 420,1 milliards d’euros en paiement ainsi que 124,6 milliards d’euros en retrait.

 

Les principes majeurs du système CB sont

  • l’interbancarité et l’universalité, conduisantà l’acceptation de la carte estampillée “CB” la plus large qui soit.
  • un impératif majeur de sécurité pour une utilisation partout, en toute tranquillité.

 

Le coeur de l’interbancarité en France c’est le réseau de transport de demande d’autorisation Carte Bancaire..

Pour en comprendre le rôle, retraçons le parcours d’une demande d’autorisation de transaction, depuis l’interaction du porteur de la carte avec le commerçant (l’accepteur) jusqu’à l’échange de message d’autorisation entre le serveur de la banque de l’accepteur (ou banque acquéreur) et le serveur de la banque du porteur (la banque émetteur).


CB

 

Cette cinématique transactionnelle est aussi décrite sous le nom de “Modèle à 4 coins “:

cb

 

cb

 

Quelques chiffres clés sur le réseau de transport de demande d’autorisation Carte Bancaire

 

  • Près de 4 milliards de transactions routées en 2012.
  • Plus du 1/3 des transactions par carte CB fait l’objet d’une demande d’autorisation, et transite par le réseau.
  • En moyenne, 11 M de transactions/jour et 16 M les jours de pointe.
  • 10% de l'activité est internationale (incoming + outgoing).
  • Des pointes instantanées de 600 transactions par seconde.
  • Un temps de traversée du réseau inférieur à 0,02 sec par message.
  • Un temps de réponse moyen (réseau + serveur) inférieur à 0,4 seconde.
  • Une disponibilité du service au porteur de 99,99 % (1 transaction vue du porteur en échec pour 10 000).
  • Une disponibilité des infrastructures supérieure à .99 ,999 % sur l'année (5 minutes).
  • Une capacité de traitement supérieure à 2000 transactions par seconde.

 

Le service principal du réseau : le routage de transactions CB

Le service de routage comprend 3 phases:

 

Phase 1 : Quelle est la banque émettrice du porteur de la carte CB ?

  • l’identité de la banque émettrice est déterminée grâce au BIN (Bank Identification Number)

 

Phase 2 : Où est le serveur banque acquéreur ?

  • Objectif: être toujours en mesure de fournir le service demandé et compenser les problèmes potentiels des serveurs émetteurs raccordés.
  • Plusieurs stratégies: primary/back-up, load balancing afin d’assurer une réponse à l’acquéreur

 

Phase 3 : Comment atteindre le serveur acquéreur ?

  • Un serveur acquéreur peut avoir de connexions actives vers plusieurs serveurs applicatif de routage (cœur du réseau)
  • La charge est répartie sur les différentes connexions

 

Outre le service principal de routage des demandes d’autorisation CB, le réseau CB offre des services supplémentaires :

  • service de scoring de transaction : évaluation du risque des transactions / détection de fraude. L’opérateur du réseau fournit en temps réel aux clients raccordés une note (score) de risque pour chaque demande d’autorisation. Les critères de détection sont paramétrés par les clients eux-mêmes.
  • service de routage par exception : possibilité de routage prioritaire avec garantie de service maximum pour des PAN “VIP”.
  • Service de transfert de données interbancaire : service s’appuyant sur l’architecture du réseau pour permettre l’échange de données entre clients tout en assurant l’étanchéité logique entre ces même clients.

 

Enfin, un dernier usage et non des moindres : un accès est mis à disposition des autorités dans le cadre d’enquête de police judiciaire pour récolter le maximum d’informations liées  à l’utilisation de la CB d’une victime ou d’un suspect : enlèvement, disparition, ou pire.

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