Le prêt-emprunt de titre en Asset management : source d’opportunités diverses et peu couteuses

Le prêt-emprunt de titre en Asset management : source d’opportunités diverses et peu couteuses

par Fabrice FODOUOP

Si les subprimes restent l’origine principale de la crise financière de 2007/2008, les crédits en blanc que s’octroyaient entre elles les banques entre elles, en ont accentué l’impact systémique.

Depuis lors, les financements en blanc sont maintenant pratique rare dans l’industrie et des garanties sont automatiquement requises.  Cette restructuration couplée aux exigences réglementaires imposés par Bale 3 – Obligation de détenir un minimum de titres de qualité  pour couvrir le passif - ont constitué un accélérateur aux activités de repo et par ricochet du prêt/emprunt de titres.

L’asset management n’est pas resté en marge de ce chamboulement.  Pour rappel, l’asset management peut être vu comme un pan de la finance de marché qui permet aux investisseurs de déléguer la gestion de leurs surplus d’épargne à des professionnels dont l’expertise permettra de sélectionner un panel d’instruments financiers (Actions, Obligations, fonds, produits dérivés, etc…)  susceptibles de générer un gain .

Le prêt-emprunt de titre en Asset management

Etant un secteur d’investissement à perspective moyen/long terme,  Les titres se retrouvent donc d’une certaine manière « immobilisés », ce qui peut s’apparenter, en soi,  à un cout d’opportunité conséquent.

 

Le prêt-emprunt de titres que nous allons présenter plus bas, constitue dès lors un moyen efficace de palier à ce cout d’opportunité. Les principaux avantages sont :

  • Diversifier et élargir la clientèle
  • Générer un revenu complémentaire et récurrent pour les asset managers

 

Dans un  sens plus large, cette activité solidifie les activités de tenue de marché et concoure à la liquidité des titres qui y sont échangés.

 

Mécanisme du prêt emprunt de titres

 

Le P/E consiste en un transfert de titres (obligations, Actions…) d’un prêteur à un tiers (L’emprunteur) qui, en retour, lui fournit du ‘collatéral’ (Actions, Obligation, ou Cash) pour une durée donnée.  Le Collatéral peut être perçu comme une garantie qui sera retenue si les titres ne sont pas retournés à la fin du contrat. Le montant de cette garantie est assujetti à la valeur de marché des titres prêtés par des appels de marge périodiques pendant la vie du contrat.

 

Mécanisme du prêt emprunt de titres

Lender : Emprunteur

Borrower : Prêteur  (Asset Manager…)

Durant toute la durée du prêt, l’emprunteur paie des frais, généralement calculés  sur une base mensuelle, au prêteur. A la fin de ce prêt, il a également obligation de  retourner  les titres prêtés, voire avant, selon les termes définies lors de la mise en place de l’accord.

Selon le type de contrat,  les deux parties ont la possibilité d’impliquer un tiers dont le rôle sera de conserver le collatéral et de gérer l’exposition et les appels de marge.

 

Le Marché du Prêt Emprunt

Le prêt de titres est devenu un composant essentiel des marchés financiers. En décembre 2016, plus de 15 800 milliards de dollars d’actifs étaient susceptibles d’être prêtés à l’échelle mondiale, et une moyenne de plus de 2 000 milliards de dollars de titre l’étaient chaque jour.

L’importance des sommes en jeu combiné aux effets de la crise financière de 2007/2008 font du marché du prêt emprunt une activité strictement régie par de nombreuses règles. En effet, plusieurs risques peuvent être clairement identifiés. L’AMF énumère quelques uns des risques systémiques :

  • Risque de marché, découlant de la volatilité des prix ainsi que de la possibilité plus ou moins grande de récupérer la valeur du titre en le vendant, et pouvant se propager à d’autres acteurs.
  • Risque de complexité, dans certaines juridictions, qui rend difficile l’identification des droits de propriété et des contreparties, pouvant mener à déstabiliser certains marchés en cas de stress
  • Risque d’interconnexion, qui peut entraîner de fortes tensions suite à des ventes forcées issues d’une accélération des appels de marge ou à un durcissement des critères d’éligibilité du collatéral

D’un point de vue micro-économique (Pour un Asset Manager donc … ) , avant de se lancer dans l’aventure du prêt emprunt, une institution doit être capable non seulement de se doter des outils nécessaires mais également mettre en place des process strictes et rigoureux  facilitant le  monitoring des différents risques encourus tels que le risque de contrepartie , les risques légaux et réglementaires, les risques comptables et les risques opérationnels.

 

Quelles opportunités pour CAPFI

  Dans le cadre, soit de la mise en place de cette activité, soit de l’adaptation des outils  et process usuels aux évolutions réglementaires, les assets managers ont un réel besoin de compétences fonctionnelles non seulement sur la connaissance du produit, mais également de  réglementation UCITS applicable. Ces compétences étant utiles sur toute la chaine Front-to-Back, l’expérience sur  des progiciels intégrés tels que 4Sight et Calypso est un atout.

Par ailleurs, ces dernières années, un nombre conséquent d’Asset Managers  tendent à se recentrer principalement sur leur activité Core et donc  à externaliser les traitements administratifs (Middle & Back Office). Ces services sont proposés par des spécialistes de métiers titres tels que CACEIS ou BPSS qui peuvent également se poser en agent tiers.  Cela se traduit par la nécessité de  constituer des équipes projets capable de développer et d’implémenter des nouvelles solutions (MOA & MOE).

 

CAPFI en tant que partenaire des Asset Managers et des sociétés de métiers est bien positionné pour répondre aux besoins du secteur quant à un traitement optimal des opérations de prêt emprunt. 

 

Fabrice FODOUOP

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