PMP or Not PMP ?

Difficile de s’y retrouver parmi toutes les certifications proposées sur le marché. Catherine THEFFO nous apporte ici quelques lumières sur le sujet.

Il est parfois un peu difficile de s’y retrouver parmi toutes les certifications proposées sur le marché.

Elles se livrent une forte concurrence et font donc l’objet d’un véritable business, d’ailleurs, c’est généralement le premier argument de leurs détracteurs.

Toutefois, le business généré n’est-il pas justement révélateur de la nécessité de ces certifications ?

Ce business est-il forcément gage de mauvaise qualité ou de pratiques dépassées avec nos environnements de travail ?

Personnellement, je ne le pense pas à condition de trouver la ou les certification/s qui a/ont du sens par rapport à son parcours professionnel et à ses envies d’évolution, et pourquoi pas en passer plusieurs qui aborderont les mêmes thèmes mais avec des approches totalement différentes, à chacun de faire preuve de sens critique et de se faire sa propre boîte à outils.

Pour ma part, je vais essayer de vous donner quelques guidelines pour une certification que je connais assez bien à savoir PMP pour Project Management Professional.

Je ne suis pas la seule à m’y être intéressée puisque depuis sa création aux Etats-Unis en 1969, on compte plus de 800.000 personnes certifiées à travers le monde et plus de 5 millions de PMBok® en circulation.

Le but de la certification PMP est de valider l’expérience d’un Chef de Projet, de lui permettre de bien définir son rôle au sein de son organisation et d’y diffuser les bonnes pratiques de la gestion de projet.

Le programme PMP s’applique à tous les secteurs d’activité, un chef de projet devant être capable de déployer tous ses talents au sein de tous types d’environnements. L’obtention de la certification PMP permet également de faire partie d’une communauté de chefs de projets partageant les mêmes références en gestion de projet ce qui facilitera les relations de travail au quotidien.

La communauté PMI en France étant active, il est possible d’échanger avec d’autres chefs de projet lors de conférences organisées régulièrement ou via les réseaux sociaux.

 

Concrètement, on fait comment ?

La première étape est de suivre une formation d’une semaine pour découvrir l’ensemble du vaste programme PMP basé sur le PMBok® (Project Management Body of Knowledge). L’instructeur, agrée par PMI (Project Management Institute), vous expliquera également les conditions d’accès à l’examen final et comment bien se préparer.

La deuxième étape est de justifier son expérience. En effet, PMP est destiné à des chefs de projet plutôt confirmés, à savoir une expérience d’au moins 3 ans en gestion de projet dont au moins 4.500 heures en tant que chef de projet. Cette justification suit un formalisme particulier dicté par PMI qui va étudier le dossier du candidat afin de décider s’il est éligible ou non au passage de l’examen. En cas de doute ou de manière aléatoire, PMI peut auditer des candidats en demandant des pièces justificatives ou des témoignages d’anciens managers et/ou collègues.

Une fois le dossier accepté, la troisième étape est de s’imprégner de l’ensemble des concepts PMP et de son articulation puis de s'entraîner au test final. C’est l’étape la plus longue et la plus demandeuse en temps et en volonté. En moyenne, un candidat PMP y consacre entre 100 et 150 heures.

 

Enfin, la dernière étape, le passage de l’examen, idéalement entre 3 et 4 mois après la formation. Il se présente sous forme d’un QCM de 200 questions et dure 4 heures. A la fin de l’examen, PMI indique si le candidat a obtenu ou non la certification mais ne communique pas le score final. De même, PMI ne communique pas sur le pourcentage de succès lors du passage de l’examen.

Pour la forme, on aura compris que la rigueur est de mise mais qu’en est-il sur le fond ?

Et bien, pour vous donner un aperçu, je dirais que les 1000 pages du PMBok® s’articulent autour de :

  • 5 Process Groups – What you need to know - : Initiating, Planning, Executing, Monitoring & Controlling and Closing

  • 10 Knowledges Areas – What you need to do - :  Integration, Scope, Time, Cost, Quality, Human Resources, Communication, Risk, Procurement and Stakeholders.

  • 49 Processes – ils représentent les activités à mener par le chef de projet pour assurer le succès d’un projet. Ils sont à la croisée des Process Groups et les Knowledges Areas. Par exemple, pour gérer correctement le périmètre de son projet (Project Scope Management), PMP indique que le chef de projet doit :

    • Lors de la phase planning (Planning Process Group), déterminer comment sera gérer le périmètre du projet, Recueillir les exigences, définir le périmètre, séquencer les activités ;

    • Lors de la phase de contrôle (Monitoring and Controlling Process Group), valider le périmètre et vérifier qu’il est bien respecté

- Matrice ci-dessous pour plus de détails - 

CAPFI / PMP or not PMP

Ensuite, pour chacun des 49 process, PMP décrit comment le construire i.e. à partir d’inputs, quels sont les outils et les techniques à appliquer pour obtenir les outputs souhaités.

Exemple avec le process de collecte des exigences :

CAPFI PMP or not PMP

 

Pour ma part, PMP m’a permis de voir ou de revoir de nombreux outils que j’utilise au quotidien en tant que chef de projet, c’est une source extrêmement riche à laquelle je me réfère régulièrement.

PMP m’a également donné de l’élan pour proposer de nouvelles idées et ainsi apporter plus de valeur et de sens à mes interventions.

PMP m’a permis de structurer mon rôle de chef de projet et de le valoriser auprès de mes interlocuteurs.

 

Enfin, ce cadre PMP ne doit pas être mis en opposition avec la méthode AGILE.

Ayant passé la certification Product Owner, je dirais que les 2 sont complémentaires et m’ont permis de comprendre comment gérer efficacement un projet en fonction de mes environnements de travail. Dans les 2 cas, le point clé reste la communication à laquelle le Projet Manager et le Product Owner doivent consacrer 90% de leur temps !

Alors, PMP or not PMP ? ☺

 

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